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Togo, Culture : Les acteurs togolais face à l’ingratitude des autorités

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l’acteur de théâtre Agbokou-Ahade Kokou Armand, connu sous le nom d’artiste d’«Ousmane» | Photo : Fraternité
l’acteur de théâtre Agbokou-Ahade Kokou Armand, connu sous le nom d’artiste d’«Ousmane» | Photo : Fraternité

Au Togo, tout comme le sport, la culture peine à émerger et éclore de grands talents. Pourtant, le génie togolais ne manque pas de s’exprimer dans ces différents domaines. À l’origine, un manque criard de volonté politique qui, à l’arrivée, créé un désintérêt, fait fuir les talents, et laisse moisir les courageux qui, malgré tout, s’y accrochent.

Togo, terre de génies

Eklu-Natey Ablodévi, Sanvee Alouwassio, Emile Koffi Gomez alias Gaglo, Azé kokovivina, Kokouvito, Alognon Degbevi, Kpalongo, Agbotso Madatina, Armand Brown,… le Togo n’a jamais manqué d’acteurs, tant dans le domaine du Sport, des arts, de la chanson que du cinéma. Dans l’histoire culturelle du pays, il y en a toujours eu de ces acteurs dont l’étoffe et la prestance n’ont souffert d’aucune contestation. Ces hommes et femmes, de leur position d’avant-gardistes, se sont toujours donnés, à cœur joie, et surtout de façon désintéressée, chacun de son côté, pour honorer la nation togolaise. D’où leur renommée qui se perpétuent dans le temps. Ceci, pour le bien de la postérité. Mais seulement voila !

Nombre de ces acteurs de la culture togolaise sont, le plus souvent, remerciés en monnaie de singe. Contrairement à une infime catégorie d’acteurs qui jouit du fruit de leurs labeurs, la majorité, elle, tire perpétuellement le diable par la queue.

Délaissés et abandonnés à leur triste sort, certains qui ont tant donné de leurs énergies, de leurs moyens que de leurs temps pour que la culture togolaises ait une identité sans en avoir de la reconnaissance en retour, en meurent dans le dénouement et l’indifférence totale. En exemple, le tristounet cas de l’acteur de théâtre Agbokou-Ahade Kokou Armand, connu sous le nom d’artiste d’«Ousmane». Ce Grand homme à la mémoire d’éléphant a fait, avec sa troupe, ses pièces bien inspirées, bien écrites, bien jouées et sa prestance de haute facture ont fait révolutionner le théâtre togolais dans les années 80 et 90…avec des œuvres théâtrales dont les togolais s’en régalaient et se souviendront pour toujours.

Des talents à l’épreuve de l’ingratitude : le cas Ousmane

Malheureusement, ce dernier, après s’être royalement mis au service de la Nation, sans réserve, n’a pas reçu, en retour, la reconnaissance. Des années durant, Ousmane a cohabité avec la précarité et la maladie. Plus de dix ans de galère dans un coin de maison, non salubre, sans électricité et sans eau. Que dire du pain quotidien, qui valait de l’or, à ses yeux? Une triste fin pour ce vaillant et talentueux artiste qui a finalement trépassé dans une ignominosité indescriptible, et dont le corps fut enseveli aussitôt 2 heures de temps après. Pourtant notre star des écrans n’était pas un musulman.

Plus poignant, pendant qu’il était encore temps, et malgré le SOS de la Presse, le ministère en charge de la Culture n’a daigné aller s’enquérir de ses nouvelles. Aucune démarche non plus des organisations professionnelles comme le Bureau togolais des droits d’auteurs (Butodra) n’a été faite auprès de l’autorité pour venir en aide à Ousmane. Triste ! Et pourtant, la télévision nationale a diffusé, des années durant, les œuvres de ce dernier, si riches et pleines de leçons.

Quand la médiocrité prime sur l’excellence

Pendant que l’ingratitude est au sommet de son art, l’on continue par engloutir des fortunes dans des initiatives certes à portée culturelle mais dont la pertinence est toujours sujette à caution. Sinon, des événements qui riment, à la limite près, à la dépravation des mœurs à l’instar des festivals et concerts qui ne constituent, en réalité que des trouvailles pour la vadrouille.

Sur un autre plan, le gouvernement, pour des raisons qui lui sont propres, octroie de façon subjective, des distinctions honorifiques de haute portée à certains artistes et acteurs de la vie sociale dont le talent n’a jamais fait l’unanimité. Bref, des artistes vuvuzela en mal d’inspiration et de sensations qui se muent en griots au service du pouvoir Unir.

Une sorte de dévaluation progressive de cette distinction d’une si grande signification, car consacrant le parcours et le talent remarquable d’un acteur ayant impacté le pays tout entier. Ceci, alors que les acteurs du théâtre et autres cinema et anciennes gloires qui ont honoré le nom du pays à un moment de leur vie professionnelle, sont royalement ignorés et laissés pour leur compte. Somme toute, une manière implicite d’encourager la culture de la médiocrité au détriment de celle de l’excellence.

Rectifier le tir…

Qu’à cela ne tienne, il n’est pas encore tard pour mieux faire. Le gouvernement peut, si la volonté politique y est, agir de façon à rectifier le tir. A défaut donc d’un programme à portée exclusivement destiné à accompagner les acteurs et artistes contraint à la précarité, le ministère en charge de la Culture peut ouvrir une rubrique dans le projet annuel Fonds d’Aide à la Culture (Fac) qui permettra de mettre à disposition, un budget afin de pallier ces situations qui n’honorent ni le gouvernement, ni le Chef de l’Etat dont le mandat finissant est dédié au social. Et pendant qu’il est encore temps, agissons pour sauver Agbotcho Madatina, l’autre acteur du théâtre des années 80, 90 et 2000, actuellement terrassé par la maladie.

Source : Fraternité

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