Depuis les élections législatives du 20 décembre dernier, les manifestations sont régulièrement interdites. Dans le meilleur des cas, elles sont autorisées mais sous contrainte. Dernières en date : les marches du Parti national panafricain (PNP) organisées le 13 avril dernier et qui se sont soldées par l’arrestation de 27 personnes dont 3 cadres du parti. Les organisations de la société civile togolaise et les partis d’opposition dénoncent une restriction au droit à manifester et fustigent ce qu’ils qualifient de « politique répressive du gouvernement ».

Les demandes de manifestation se succèdent. Et les réponses se ressemblent. Interdite, la marche contre la vie chère, prévue fin mars puis début avril par la Ligue des consommateurs du Togo. Retoquée, la demande de manifestation du mouvement Martin Luther King réclamant la démission de l’entraîneur des Éperviers.

« Les interdictions sont devenues systématiques », déplorent plusieurs partis d’opposition et organisations de la société civile. D’autant que « les dossiers sont déboutés pour des motifs fallacieux et arbitraires », estime un membre de l’organisation Togo Debout.

Quelques autorisations ont été accordées ces derniers mois, mais elles ont donné lieu à des rassemblements contraints par l’imposition d’itinéraires et par une forte présence militaire. Des militaires qui n’ont parfois pas hésité à faire usage de gaz lacrymogène. Alors que manifestants et organisateurs ont été arrêtés, comme ce fut le cas à l’issue des marches du Parti national panafricain, le 13 avril dernier.

« C’est clair, s’insurge un dirigeant de la Coalition d’opposition C14, le pouvoir veut étouffer tout germe de contestation. »

Au ministère de l’Administration territoriale, on balaie ces accusations. « Il ne s’agit ni d’interdiction délibérée ni de restriction, affirme le ministre Payadowa Boukpessi, mais d’une simple question de respect de la loi en vigueur. »

Je crois qu’aujourd’hui, l’État utilise la justice togolaise et la prison pour asseoir sa politique répressive et restrictive des libertés de manifestation.

Maître Raphaël Kpandé-Adjaré, avocat au barreau de Lomé. Il est un des porte-parole du mouvement citoyen Togo Debout.

 
source : RFI
 

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