Togo : Faure Gnassingbé, lui, serait en train de peaufiner sa stratégie pour un quatrième mandat


Caricature : Donisen Donald / Liberté
Caricature : Donisen Donald / Liberté


Arrivé au pouvoir en 2006, l’ancien patron de la BOAD, Boni Yayi quitte après deux mandats à la tête du Bénin. Il fera officiellement ses adieux début du mois prochain. « Avec mon départ de la tête de notre pays, le Bénin, à la fin de mes deux quinquennats, notre jeune démocratie fait un pas de plus et se trouve propulsé au rang des grandes démocraties de cette planète. Alors mes chers compatriotes, je vous laisse la République, je vous laisse le Bénin, ses institutions, je vous laisse l’unité nationale », déclarait-il le 6 mars 2016 dernier, jour du premier tour de l’élection présidentielle, après avoir accompli son devoir civique.
 
Plusieurs mois auparavant, il avait, à maintes reprises, fait les serments publics en jurant devant les grandes personnalités du monde, le pape, François Hollande, Barack Obama, Ban Ki-Moon, etc. qu’il ne briguerait pas un troisième mandat. Il a mis un point d’honneur à sa parole, laissant derrière lui un Bénin respecté à travers le monde, dans la paix et dans l’honneur. Et des institutions fortes qui fonctionnent fort bien.
 
A peine élu, son successeur, Patrice Talon a pris une décision forte, « surprenante » pour certains. Le nouvel homme fort du Bénin s’est en effet engagé à quitter le pouvoir en 2021. « Je ne serai pas candidat en 2021 ; je ne serai plus éligible parce que, en ce qui concerne la réforme proposée dans mon projet de société sur le mandat unique, on ne pourra plus être candidat à la présidentielle lorsqu’on a été une fois chef de l’Etat », a laissé entendre Patrice Talon. Il faut un sens civique élevé pour prendre une telle décision. Patrice Talon vient de donner le bon exemple.
 
Faure Gnassingbé était au pouvoir avant l’arrivée de Boni Yayi en 2006. Celui-ci part. Mais le jeune président togolais se soude solidement toujours au pouvoir. Le nouveau président démocratiquement élu, Patrice Talon a pris l’engagement de partir après son unique mandat de 5 ans. En ce moment, Faure Gnassingbé, lui, serait en train de peaufiner sa stratégie pour un quatrième mandat.
 
Au Burkina Faso tout comme au Ghana, les jeux sont ouverts, démocratiquement parlant. Marc Christian Kaboré peut perdre le pouvoir en 2020 ou réussir à faire son second et dernier mandat en 2025. Idem pour John Mahama Dramani qui remet son poste en jeu en novembre prochain. Rien n’est acquis pour lui. Oui, dans les démocraties où l’alternance politique est la chose la mieux partagée, on peut organiser les élections et les perdre et accepter sa défaite avec fair-play.
 
Une culture démocratique que n’a pas le Togo. La preuve, Faure Gnassingbé était également au pouvoir avant ses homologues ghanéen et burkinabé. On connaît avec certitude la date de leur départ si leurs peuples respectifs se décidaient à leur conférer un second mandat présidentiel. Au lieu de s’acharner à rester sur le trône ad vitam aeternam, pourquoi Faure Gnassingbé ne s’engage-t-il pas à partir comme l’ont fait Boni Yayi et Patrice Talon ? L’éminence grise du palais, Charles Debbasch avait laissé entendre que son mentor n’a pas l’intention de s’éterniser au pouvoir. Eh bien, c’est l’occasion de démontrer aux Togolais qu’il est de bonne foi. Quand Faure Gnassingbé va-t-il partir ?
 
Source : [24/03/2016] Médard Ametepe, Liberté / 27avril.com
 

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