Togo : Les momies politiques togolaises : Yawovi Agboyibo du CAR et Gilchrist Olympio de l’UFC


Un adage dit qu’il faut savoir quitter le pouvoir avant que le pouvoir ne te quitte. La sagesse acquise avec le temps devrait pourtant conduire certains vétérans de la politique togolaise à passer la main avant de perdre pied.
 
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Mais à l’instar des dictateurs impénitents qui se soudent au pouvoir, certains dinosaures politiques au Togo qui pensent que leur parti est un modèle déposé ou une marque de fabrique brevetée, puisqu’ils vont jusqu’à s’affubler du titre de « Président Fondateur », s’incrustent à la tête du parti et finissent par le précipiter dans l’abîme.
 
« C’est la cendre que l’on croit éteinte qui brûle la maison » (Proverbe nigérian)
 
L’exemple de l’Union des Forces de Changement (UFC) est édifiant à cet égard. Par son refus obstiné de passer le témoin à la jeunesse, le patriarche Gilchrist Olympio avait fait imploser ce parti qui naguère jouissait d’une popularité insolente auprès des Togolais. L’écrasante majorité des cadres et militants ont fini par quitter la barque et créer leur propre parti.
 
Le papy sera désavoué, humilié, chassé à coup de sable à la plage et traité d’« Ebola » par ses anciens militants qui le vénéraient comme un dieu. Gilchrist Olympio qui, par le passé, drainait derrière lui des foules immenses et hystériques, prêtes à mourir pour lui, n’est aujourd’hui que l’ombre de lui-même, banalisé comme la météo dans le journal télévisé de 20 heures.
 
Le cas du patriarche de l’UFC n’a visiblement pas servi de leçon au gourou du CAR, Me Yawovi Agboyibo qui lui emboîte les pas. La roublardise et les coups bas du « boulanger de la politique togolaise », comme certains l’appellent, ont eu raison de la cohésion au sein du parti. Le CAR est devenu un parti hybride à deux têtes, avec d’un côté le Président national Maître Dodji Apévon, et de l’autre Me Yawovi Agboyibo qui se prévaut du titre de « Président Fondateur ». Ce dernier est décidé à reprendre vaille que vaille les commandes du parti qu’il considère comme sa propriété privée.
 
Au regard de la grave crise qui secoue le CAR, des voix s’élèvent pour appeler Me Dodji Apevon à sortir de la tutelle de son mentor devenu son ennemi public numéro 1 pour créer sa propre formation politique. Sur les réseaux sociaux, il ne manque pas de soutiens dans ce sens. Un ancien militant de premier plan qui l’encourage à fonder sa propre formation est convaincu qu’il ralliera plus de 93% des militants du CAR à sa cause.
 
«Le mec (Ndlr, Me Agboyibo) est trop rusé et roublard. C’est le boulanger de la politique togolaise alors qu’il peut être un bon; mais il préfère prendre les sous pour sa propre famille auprès des chefs d’Etats africains et jouer à l’opposant. Il est contre les réformes parce que pour lui, si on fait les réformes, c’est Fabre qui forcément sera au 2e tour, et lui Agboyibo ne veut pas voir ce petit lui damner le pion. C’est depuis que j’ai compris que ce monsieur est une calamité politique au Togo. Apévon sera libéré en créant son propre parti », affirme-t-il.
 
A l’instar de cet ancien militant, ils sont nombreux, les internautes à exhorter Me Apévon à quitter la barque et prendre son propre envol. Va-t-il franchir le pas ?
 
Source : Médard Amétépé, Liberté
 

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