Togo : Pascal Bodjona recadre un juge de la cour d’appel

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L’avènement a surpris plus d’un auditeur de radio victoire ce vendredi 27 décembre à Lomé. Non content de la version servie par le juge le concernant, l’ancien ministre est intervenu en direct pour apporter la contradiction.

 

Depuis la publication du rapport du Bureau du Haut- Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme au Togo (HCDH-Togo) , dénonçant le respect et la mise en œuvre des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans l’administration de la justice au Togo, les magistrats togolais sont devenus subitement prolixes, se faisant inviter sur les radios privées pour tenter de démonter les dénonciations du rapport de l’institution présidée par Mme Igé Olatokunbo.

 

Après le président de la cour d’appel de Lomé le juge Sronvi sur radio Kanal F.M le lundi, c’est au tour de l’ancien responsable de l’administration pénitentiaire, le juge Gnombi Kodjo Garba, de se faire inviter du journal sur radio victoire ce vendredi matin. Sur le dossier de l’affaire dite « escroquerie internationale », dans laquelle l’ancien ministre de l’administration territoriale Pascal Bodjona a passé sept (07) mois de détention dans les locaux de la gendarmerie nationale, le juge a provoqué la réaction de l’ancien collaborateur de Faure Gnassingbé.

 

En effet, il n’y a pas longtemps, la chambre d’accusation de la cour d’appel de Lomé a déclaré nulle, toute la procédure qui a conduit à cette détention du ministre. Selon le juge Gnombi Kodjo Garba, cet arrêt est fondé sur l’existence de deux procédures parallèles dans la même affaire contre Pascal Bodjona. Une explication qui a eu le don de provoquer une vive réaction de l’ancien ministre de l’administration territoriale. « C’est exagéré (…) de parler de ces deux procédures en essayant de faire croire que ce que j’ai eu à subir ne pouvait qu’être mis en pertes et profits », a indiqué Pascal Bodjona avant d’ajouter, « je suis à la disposition de la justice, mais de grâce qu’on ne vienne pas nous dire qu’on annule entièrement une procédure parce qu’il y a deux procédures. Je vous renvoie à l’article 188 al.2 du code de procédure pénale qui a éteint cette action », a déclaré Pascal Bodjona.

 

Pour l’ancien ministre sur qui pèse encore une nouvelle inculpation du juge du 4ème cabinet d’instruction dans la même affaire, l’annulation de la procédure dans laquelle il a été détenu, est fondée sur la violation de normes procédurales et de compétences des juridictions. Des inobservations qui ne sont pas de nature à garantir l’administration d’une justice équitable. C’est par ailleurs, l’un des constats contenus dans le rapport du HCDH-Togo, que certains magistrats ont visiblement reçu mission de battre en brèche.

 

Mais dans son exercice, le juge Gnombi Kodjo Garba a rencontré une opposition aussi inattendue que pertinente. Ce qui l’a amené à rectifier le tir. « Sauf si j’ai fait un lapsus, je n’ai pas dit qu’on a annulé une procédure parce qu’il en existait deux. J’ai dit qu’on attend la fin de la procédure pour établir les résultats », a rectifié le magistrat. Le rapport du CHDC-Togo a établi dans le procès fait à Pascal Bodjona comme celui de Kpatcha Gnassingbé, des violations des droits de l’homme de nature à compromettre le droit à un procès équitable des personnes citées dans ces différentes affaires.

 

koaci

 

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