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Togo, Réformes/Gesticulations puériles : En attendant…la Diversion

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Extrait de la Une de L’Alternative No.780


Le RPT/UNIR a cherché ses hommes de mains pour le sortir de la crise politique née le 19 août 2017. Il les a effectivement trouvés le 20 décembre 2018 à l’issue d’une parodie d’élections législatives qui a consacré une Assemblée nationale remplie de pantins. En réalité, ces derniers sont plus aptes à satisfaire les intérêts du régime de Faure Gnassingbé que ceux de leur propre parti, encore moins ceux des Togolais qu’ils prétendent représenter dans cette assemblée UNIRcolore. Les faits et gestes des uns et des autres commencent par faire ressortir les réelles intentions de chacun, surtout ces derniers jours où la plupart de ces « nommés pour le peuple » finissent par démontrer qu’en fait, c’est la mangeoire qui les intéresse.

On les a vus devant les populations lors de la triste campagne électorale. Ils n’avaient de cesse de répéter à qui voulait les entendre que leur première action qu’ils feront une fois à l’Assemblée nationale, sera de procéder à la mise en œuvre des réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales. Mais leur premier chef-d’œuvre a été de vouloir modifier la loi fondamentale en se permettant d’élire chaque année le président de l’Assemblée nationale. N’eût été la lucidité de la Cour constitutionnelle (pour une fois), ce que d’aucuns ont appelé une « pagaille institutionnelle » serait consommée aujourd’hui. Et une fois encore, le Togo serait la risée du monde. Mais pour ce qui concerne les réformes tant attendues par le peuple togolais, ces fameux députés semblent ne pas faire d’elles leurs priorités.

A la veille de chaque élection, le régime de Faure Gnassingbé a toujours clamé qu’il ferait les réformes après les élections. Cela a toujours été ainsi depuis 2006. Mais une fois que les élections finissent, il trouve des astuces pour berner l’opposition et le peuple jusqu’à ce qu’un nouveau rendez-vous électoral pointe son nez. Aujourd’hui, ce sont les élections locales qui sont annoncées après les législatives controversées du 20 décembre dernier. Dans un pays normal, après la crise politique qui a fragilisé le pays et dont le centre d’intérêt reste ces réformes politiques, la première des choses que le régime chercherait à faire, c’est leur mise en œuvre. Et ceux qui bombent le torse aujourd’hui, parce que nommés à l’Assemblée nationale, ont le devoir d’amener le régime sur ce terrain. Mais visiblement, les réformes ne constituent plus leurs priorités.

Les Togolais auraient préféré qu’ils se taisent, puisqu’ils n’ont apparemment pas de choses utiles à dire sur la question. Certains d’entre eux poussent l’outrecuidance jusqu’à déclarer publiquement que les locales peuvent se tenir sans les réformes. Pour eux, il faut rapidement aller, une fois encore, à ces élections et espérer les miettes que le régime de Faure Gnassingbé va leur distribuer, après s’être taillé la part du lion. On les a tellement habitués au peu qu’ils n’ont plus cette lucidité qui peut leur permettre de réaliser un bon score à ces élections si les choses étaient bien organisées. Ces réactions des soi-disant élus du peuple reposent le problème de la qualité des réformes qui seront faites dans cette Assemblée nationale.

Députés nommés, réformes approximatives

Tout indique aujourd’hui que l’actuelle législature n’est qu’au service du régime qui compte bien l’utiliser pour parvenir à ses fins. D’ailleurs, on ne voit pas parmi ces « plaisantins » un homme capable de tenir tête au régime qui leur a permis de venir à la mangeoire. Comme une lettre à la poste, les desiderata de Faure Gnassingbé passeront à l’Assemblée nationale sans difficulté. On peut d’ores et déjà deviner le sort qui sera réservé aux réformes. On sait aujourd’hui que tout le monde se dit d’accord sur la limitation du mandat présidentiel, le mode de scrutin à deux tours et autres. Mais dans quelles conditions tout cela se mettra-t-il en œuvre ? Toute la problématique est là.

Ce n’est un secret pour personne, Faure Gnassingbé et son régime sont réfractaires aux réformes, telles que le veut le peuple togolais. L’agenda du Prince va au-delà de 2030, pour régner sur le Togo. Et naturellement, les « députés nommés » sont visiblement prêts à l’accompagner dans ce dessein puéril. L’essentiel pour eux, c’est de pouvoir, pendant les 5 ans à venir, bénéficier de la manne du titre de député, avec la bénédiction du régime. Triste !

Pour le moment, ces députés continuent de demander des messes, organiser des rencontres avec des soi-disant populations qui les ont élus et faire la fête chez eux. Les préoccupations des Togolais peuvent encore attendre. D’ailleurs, il faut aller aux locales et encore se garantir quelques sources de revenus pour se mettre à l’abri des ennuis. Qui sait ? Le régime de Faure Gnassingbé est imprévisible.

 
Source : L’Alternative No.780 du 05 mars 2019
 

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