La présidente de l’Assemblée nationale Yawa Tsegan


L’élection de Tsegan Yawa à la tête de l’Assemblée Nationale de toute une évidence, est une première dans l’histoire du Togo. Devant une législature moquée un peu partout au regard des conditions rocambolesques des législatives du 20 décembre 2018, la cooptation de cette dame vise tout simplement à créer le buzz autour des « 91 nommés » de la République.

Et cela a semblé marcher pour le régime dans certaines sphères. Mais en réalité, c’est un non-événement car toute personne qui a participé à ce scrutin de la honte du 20 décembre 2018 n’a rien à offrir aux Togolais. Les députés du controversé scrutin du 20 décembre 2018 ont procédé mercredi 23 janvier dernier à l’élection du Président de l’Assemblée nationale ainsi que les membres du bureau.

Ceci après avoir accepté les retouches apportées par la Cour Constitutionnelle au règlement intérieur notamment l’article 9 tentant d’instaurer un mandat annuel à la présidence de l’Assemblée Nationale. A l’issue des votes, Tségan Yawa Djigbodi a été élue à la tête de l’Assemblée Nationale avec 88 voix des 89 députés présents. Tségan Yawa, inspectrice des Impôts, Directrice de Cabinet du ministère des Transports (2010 à 2013) a été première questeur de l’Assemblée Nationale de 2013-2018.

Quelles que soient les qualités et compétences supposées ou réelles de cette dame, dans un régime pareil, elle n’a rien à offrir. Le Togo n’a-t-il pas connu des femmes à la tête d’autres institutions notamment Angèle Dola Aguigah à la Commission Nationale Electorale Indépendante (CENI) ou Awa Nana Daboya, Médiateur de la République ? Qu’est-ce qu’elles ont pu changer ? Encore que Tségan Yawa qui a succédé à Dama Dramani est une cacique du régime. Elle ne fera qu’endurcir les positions du pouvoir. A preuve, juste après sa cooptation, elle avait demandé à ses collègues « d’applaudir Faure Gnassingbé », son bienfaiteur.

Pendant plusieurs minutes, on a vu ces « nommés de la République » applaudir à se faire rompre les phalanges. Quoique président de UNIR, Tségan a-t-elle vraiment besoin de faire applaudir Faure Gnassingbé dans ces circonstances ? Si l’Assemblée Nationale doit vraiment rester dans ses missions régaliennes, elle est appelée au contrôle de l’action gouvernementale et à voter des lois.

Quel type de contrôle cette Assemblée peut-elle faire si la première personne qui l’incarne est une marionnette à la solde du pouvoir ? On se rappelle en plein dialogue, cette dame avait suscité la polémique dans une déclaration selon laquelle, eux au pouvoir ils sont là et ils entendent y rester advienne que pourra. Dans une Assemblée Nationale normale où la vraie opposition est représentée, il est fort à parier que cette dame ne saurait être portée au perchoir. C’est bien à la tête d’une Assemblée frelatée, unicolore et sans enjeux que Faure Gnassingbé dans les distributions de rôle parachute Tségan là pour se faire plaisir. Autrement, Tségan Yawa, Présidente de l’Assemblée Nationale, c’est une diversion pour attirer les regards innocents sur les faits d’armes du pouvoir cinquantenaire des Gnassingbé.

Bureau de l’assemblée nationale togolaise:
Présidente : Tsegan Yawa 1er
vice-président : Bagbiégue Taïrou
2ème vice-président : Ibrahima Memounatou
3ème vice-président : André Johnson
4ème vice-président : Yaovi Missiame Adjourouvi
1er secrétaire parlementaire : Kossi Donko Kasségnin
2ème secrétaire : Léonardina Rita Doris de Souza
3ème secrétaire : Mantöde De Poukn
1er questeur : Abiratou Bonfoh
2ème questeur : Modjibo Eklou Essohanam
3ème questeur : Kodjo Améganvi

Source : Kokou Agbemebio / Le Correcteur
 
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