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Une semaine sanglante vient encore de passer au Togo. La folie meurtrière des forces de défense et de sécurité a été observée particulièrement dans la région centrale du pays et à Lomé. Pendant que la meute pourchassait les Togolais épris de justice, de démocratie et de l’alternance à Lomé et dans les villes intérieures, avec en toile de fond la séquestration des leaders de la Coalition des 14 partis de l’opposition, Faure Gnassingbé se réunissait avec ses pairs de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à l’hôtel 2 février pour parler de la Guinée. Evidemment, le dossier togolais a été aussi évoqué.
Pour des manifestations pacifiques organisées par la Coalition de l’opposition, le régime RPT/UNIR s’est encore vu dans l’obligation de faire sortir l’artillerie lourde pour réprimer. Les conséquences sont bien là avec un mort et des blessés graves. Comment peut-on être fier de cette gouvernance ? A moins qu’on soit un syndicat du crime pour qui la vie des citoyens est reléguée au second plan. Le peuple togolais était resté stupéfait en apprenant la mort du jeune Abouraim Adam samedi dernier. Ce jeune homme, Secrétaire d’une sous-section de l’ANC à Tchaoudjo, a été arrêté et bastonné par les militaires le mercredi 11 avril, premier jour des manifestations. Transporté à l’hôpital de la localité, il n’a pas survécu. Il a rendu l’âme le samedi 14 avril, jour où les mêmes militaires continuaient de réprimer sauvagement ses frères à Sokodé, Kparatao, Djakparga, Tchamba et à Lomé.
Cette nouvelle de la mort du jeune Abouraim Adam n’a pas été la seule à scandaliser les Togolais ce samedi. Puisque la dictature cinquantenaire a séquestré les leaders de la Coalition des 14 à Lomé au siège de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA). C’était une véritable bataille que les jeunes manifestants ont livrée aux forces de défense et de sécurité ce jour dans le quartier Hanoukopé. Ils ne semblaient reculer devant rien pour protéger les leaders qui ne pouvaient pas sortir. Les militaires et les forces de l’ordre ne cessaient de lancer les grenades lacrymogènes dans le quartier.
En réponse, les manifestants dressaient des barricades pour empêcher les jeeps de pénétrer les coins et recoins du quartier. « Généralement, quand on a une journée de manifestation, on se réunit le matin pour faire le point de ce qu’il y a lieu de faire. Comme la marche est interdite, nous sommes réunis pour voir les stratégies à adopter. Dès qu’on a commencé, on nous a avertis qu’il y a des forces de défense et de sécurité qui sont arrivées. On se demandait ce qui se passait quand on a commencé par entendre les gaz lacrymogènes pleuvoir », a relaté Me Paul DodjiApevon, président des Forces démocratiques pour la République (FDR), membre de la Coalition des 14. Et curieusement, le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, PayadowaBoukpessi ne savait pas qu’il y avait cette séquestration au siège de la CDPA.
« J’ai été obligé d’appeler le ministre de l’Administration territoriale pour lui dire qu’on ne peut pas être des responsables réunis quelque part, juste pour réfléchir et on va être encerclés. Je lui ai dit que ce qui se passe là va envenimer les choses. On n’est pas en train de manifester, on est dans une salle et on est encerclés, alors là il y a quelque chose qui ne va pas. Et il (le ministre, Ndlr) m’a dit de lui laisser le temps d’aller aux informations… », a ajouté Me DodjiApevon.
Encore une fois, les Togolais ont eu la preuve du règne de la terreur. Rien ne semble inquiéter le régime cinquantenaire, surtout lorsqu’il s’agit d’user de toutes les méthodes pour conserver le pouvoir. En tout cas, à en croire de nombreux observateurs, cela ne peut être autrement quand on sait que celui qui bénéficie de tous ces crimes s’est emparé du pouvoir dans le sang des centaines de Togolais. Mais jusqu’à quand cela continuera-t-il ?
 
source : L’Alternative
 

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